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Al Qaïda, suspect n°1 de l'assassinat de Bhutto

Par Randall Mikkelsen Reuters - Vendredi 28 décembre, 07h54

WASHINGTON (Reuters) - Al Qaïda est le suspect numéro un dans l'assassinat de Benazir Bhutto, chef de file de l'opposition pakistanaise, estiment des responsables américains et des analystes privés.

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Le mouvement islamiste, qui a reconstitué sa structure de commandement à la frontière pakistano-afghane, a été mis en cause dans une précédente tentative d'assassinat de Bhutto, en octobre, et il l'a accusée d'être un instrument de la politique des Etats-Unis au Pakistan.

Des responsables de l'administration Bush ont jugé prématuré de mettre en cause un suspect déterminé.

Mais un responsable américain a déclaré: "Il y a plusieurs groupes extrémistes au Pakistan qui pourraient avoir perpétré l'attentat (...) al Qaïda est certainement l'un de ces groupes figurant en tête de liste".

Les taliban, alliés d'Al Qaïda, qui ont publiquement menacé Bhutto, font aussi figure de suspects potentiels, a dit un responsable sous le sceau de l'anonymat.

Selon un politologue, des partisans d'al Qaïda au sein des services de sécurité pakistanais pourraient avoir aussi joué un rôle, mais il est improbable que le président Pervez Musharraf soit lui-même impliqué.

En éliminant la perspective d'un accord de partage du pouvoir qui aurait pu enrayer sa baisse de popularité et stabiliser le pays, l'assassinat de Bhutto affaiblit Musharraf, considéré par les Etats-Unis comme un allié essentiel contre le terrorisme.

COMPLICITÉS

Il réduit du coup les chances de Musharraf de relancer les efforts déployés pour chasser al Qaïda et les taliban des zones tribales du Waziristan. L'assassinat jette aussi la suspicion dans l'opinion publique et sème la confusion.

"Leurs mobiles (d'al Qaïda) sont très clairs. Ce sont eux qui ont le plus à gagner", affirme David Gartenstein-Ross de la Fondation pour la Défence des Démocraties.

Le numéro deux d'al Qaïda, Aïman al Zaouahri, a affirmé ce mois-ci que le retour d'exil de Bhutto, en octobre, était le résultat d'une manoeuvre américaine.

"Tout ce qui se passe au Pakistan, de l'organisation du retour de Benazir à la proclamation de l'état d'urgence (...) en passant par les mesures répressives, relève d'une tentative désespérée des Américains de remédier à la détérioration de la situation en Afghanistan et au Pakistan", a dit Zaouahri dans une interview à des médias proches d'al Qaïda.

Peu avant le retour de Bhutto au Pakistan, en octobre, le responsable militaire des taliban, Haji Omar, avait promis de l'attaquer.

L'enquête du Pakistan sur l'assassinat constituera un test important de la crédibilité de Musharraf, estime P.J. Crowey, aucnien responsable du Conseil national de sécurité.

En particulier, dit-il, l'enquête doit s'efforcer d'identifier tout élément au sein du gouvernement qui pourrait avoir été complice.

Dans une lettre écrite en octobre à une connaissance et lue mercredi sur les antennes de CNN, Bhutto écrivait qu'il faudrait tenir Musharraf responsable si elle était assassinée, pour ne pas avoir autorisé les mesures de sécurité adéquates.

Randall Mikkelsen, version française Nicole Dupont

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